Remparts Brugge


Le jardin

Les remparts de Bruges sont constitués d’un parc de plus de six kilomètres de long qui encercle presque entièrement le vieux centre. Leur forme ‘verte’ actuelle date de la seconde moitié du 19e siècle. Mais leur origine est beaucoup plus lointaine : ils furent construits à la fin du 13e siècle en tant que fortifications.

Vestingen Brugge

Les fortifications d’une métropole médiévale

Dans le courant du 12e et du 13e siècle, Bruges connut une poussée démographique importante. Sa population au 14e siècle peut être estimée à 40.000 - 45.000 habitants, ce qui est énorme pour une ville du Moyen Age. Si Bruges était à l’époque une grande ville, elle constituait également la principale métropole commerciale du Nord-Ouest de l’Europe. L'accroissement de la population fut aussi visible sur le terrain avec la construction de nouveaux quartiers d'habitation. En peu de temps, la ville s’étendit considérablement et en peu de temps, et la construction de nouvelles fortifications s’imposait. Le conflit qui éclata en 1297 entre le comte de Flandres et le roi de France fut l’élément incitateur. La nouvelle enceinte comptait un périmètre de 6.800 mètres et se composait d’un rempart en terre et d’une double douve. Neuf portes en pierre contrôlaient l’accès à la ville. Au départ, il n’y avait pas de murailles : celles-ci furent construites un siècle plus tard, mais restèrent très fragmentaires.

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Des fortifications vers une barrière fiscale

Pendant les six siècles qui suivirent, la vie urbaine se déroula entièrement à l’abri de cette enceinte. Le développement démographique et économique de Brugge stagna ou recula, si bien que le périmètre de la ville ne s’étendit plus. En outre, comme la ville ne connut pas à cette époque de situation de guerre critique ni de siège, les remparts ne furent guère adaptés à l’évolution des techniques de siège et à l’augmentation de la puissance de feu des canons. Néanmoins, la douve extérieure fut pourvue d’une série de petits bastions et ravelins. A certains endroits, le parcours anguleux de cette douve rappelle ce passé. A la fin du 18e siècle, l’enceinte n’avait plus aucune fonction militaire. Elle resta cependant d’une certaine utilité jusqu’à la moitié du siècle suivant. En effet, on payait une taxe (appelée « octroi ») sur les marchandises introduites dans la ville et les remparts permettaient un ‘contrôle frontalier’ efficace. La journée, on percevait les taxes aux portes de la ville, et en fermant les portes le soir, on évitait la contrebande. Lorsque l’octroi fut aboli en 1860, cette fonction disparut elle aussi. Plus rien ne faisait obstacle au comblement des douves et à la démolition des portes.

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Aménagement du parc

L’enceinte de Bruges resta pourtant et – contrairement à ce qui s’est vu dans beaucoup d’autres villes – elle ne fut pas remplacée par un large boulevard périphérique. Cela tient à deux raisons. D’une part, les Brugeois commençaient à cette époque à prendre conscience de la valeur architecturale et historique des anciennes portes de leur ville. Les quatre portes en bon état furent donc préservées et restaurées. D’autre part, on découvrait depuis un certain temps l’attrait des remparts comme sentier de promenade. Après la démilitarisation, on commença à planter des arbres sur les remparts. Au milieu du 19e siècle, l’administration communale créa le projet de transformer systématiquement les remparts en parc et fit appel à deux architectes paysagistes éminents: Egidius Rosseels de Louvain et Hubert Van Hulle de Gand. Les travaux (interruptions comprises) durèrent plus d’un demi siècle.

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Moulins

L’aménagement du parc fut en partie possible grâce à la démolition systématique des moulins à vent à cette époque. Pendant plusieurs siècles, quelque 25 à 30 moulins à vent trônèrent sur les remparts de Bruges. Ils produisaient la farine nécessaire à l’alimentation quotidienne des nombreux habitants de la ville. Dans le courant du 19e siècle, avec l’apparition des meuneries à vapeur, les moulins à vent devinrent peu à peu superflus. A la fin du 19e siècle, ils avaient pratiquement disparu des remparts. Seuls deux d’entre eux furent préservés près de la « Kruispoort » pour des raisons nostalgiques. Depuis 1970, deux autres moulins à vent historiques furent transférés à Bruges, si bien qu’aujourd’hui quatre moulins se dressent sur le Kruisvest, et forment ainsi un paysage de moulins unique en Flandres !

Plantations diversifiées

Les architectes paysagistes chargés de la conception du parc surent tirer profit de la proximité de l’eau et du relief du sol présent. Les anciennes éminences ne furent pas déblayées, mais intégrées dans un parc paysager ondulé offrant des points de vue toujours différents. Hubert Van Hulle, qui avait un faible pour le style paysager anglais, obtint ainsi des résultats remarquables. Parmi les quelque 3.350 arbres qui peuplent les remparts, beaucoup datent de cette époque et ont donc plus d’un siècle. Certains ont pris des proportions gigantesques. Outre les ‘classiques’ comme les chênes, hêtres, tilleuls, platanes et saules, le patrimoine arboré compte également une riche diversité d’essences exotiques, comme le catalpa commun, le tulipier, le chêne des marais, le cerisier du Japon, le sequoia de Chine, l’acacia et bien d’autres encore.