Les jardins de Bishop’s Palace


Le jardin

En 1206, durant le règne du roi Jean, l'évêque Jocelin Trotman fut sacré premier évêque de Bath et Wells. Grâce à cette fonction, il intégra les classes supérieures de la société d'alors. Il reçut l'ordre du roi de construire une grande résidence au sud de la cathédrale Saint-André. En plus du palais, l'évêque obtint la permission de réaliser un parc pour les cerfs, afin de se livrer à sa passion, la chasse.

Bishop’s Palace

Les ruines d'une grande salle de réception, le Great Hall, dans les jardins, constituent un point fort de la visite. Cet édifice avait été bâti en vue d'une visite d'Edouard I. Au début du XIVème siècle, il était l'un des plus vastes et des plus impressionnants du pays. Alors qu'Edouard I ne vînt finalement pas, son petit-fils Edouard III eut l'occasion d'apprécier l'édifice en 1331. Au XIXème siècle, la salle était dans un si piètre état que l'évêque George Henry Law décida de la reconstruire.

La renommée de livres tels qu'Ivanhoé et la fascination exercée par le roi Arthur rendirent les gens nostalgiques de l'époque des chevaliers et des tournois. C'est pourquoi l'évêque fit enlevé le mur au sud et y plaça une vaste pelouse, où les arbres remplaçaient les gens qui autrefois y festoyaient. Les ruines du mur au nord, aujourd'hui partiellement ensevelies sous les plantes grimpantes, furent conservées comme exemple de l'architecture gothique. L'évêque George avait créé sa propre ruine gothique dans son jardin.

Bishop's Palace

Un pont de bois au-dessus des douves permet au visiteur d'accéder aux jardins extérieurs. En 1451, l'évêque Thomas Beckynton fit construire une canalisation en pierre de 255 mètres de long, connue sous le nom de Well House, permettant aux habitants de Wells de s'approvisionner en eau potable à l'un des quatre robinets disponibles.

On peut se promener autour des bassins, qui dissimulent les sources desquelles la ville de Wells ("puits") tient son nom. Dans leurs surfaces calmes se reflète la cathédrale Saint-André.

Bishop's Palace

De nombreux animaux ont trouvé refuge dans les bassins et les douves du palais: chauves-souris, martins-pêcheurs, chouettes, foulques, poules d'eau, canards et cygnes.

En 1977, l'évêque John Bickersteth planta un arboretum afin de célébrer les 25 ans de règne de la reine Elisabeth II. En presque trois décennies, les arbres ont poussé et fait de l'arboretum un endroit propice aux pique-niques, au milieu des fleurs sauvages et sous une voûte de feuilles.

La diversité arboricole des jardins est impressionnante. On y trouve l'arbre impérial (paulownia tomentosa), originaire de Chine, dont les fleurs, qui ressemblent à des digitales, apparaissent en mai, suivies de larges feuilles. On a planté un jeune noyer noir d'Amérique (juglans nigra), qui atteint environ l'âge de 200 ans, lorsque le noyer du jardin eut 190 ans. Son bois précieux est utilisé pour la fabrication de meubles et de crosses de fusils, et l'écorce brune du fruit sert de teinture. L'ailante (ailanthus altissima), originaire de Chine, peut atteindre 25 mètres de hauteur. Ses feuilles deviennent rouges à l'été et des fruits cramoisis apparaissent en automne. On décompte trois mûriers noirs (morus nigra), originaire d'Asie Centrale. Deux d'entre eux sont les survivants des cinq exemplaires plantés en 1897 et le troisième fut le cadeau d'anniversaire de l'évêque Bickersteth en 2001, à l'occasion de ses 80 ans. Le ginkgo (ginkgo biloba) fut introduit en Grande Bretagne à la fin du XVIIIème siècle. Ses feuilles furent trouvées dans des fossiles, ce qui porte à croire que l'on trouvait cette espèce dans le monde entier il y a 150 millions d'années. Le fascinant tulipier de Virginie (liriodendron tulipifera), venu de l'est de l'Amérique au milieu du XVIIème siècle, a bientôt 200 ans. Ses feuilles prennent une splendide couleur dorée et orangée en automne. Il tient son nom de ses fleurs, vertes et oranges, qui ressemblent à des tulipes. Le métaséquoia (metasequoia glyptostroboides), du sud-ouest de la Chine, est un arbre ornemental que l'on trouve dans de nombreux parcs et jardins, atteignant jusqu'à 40 mètres. Le néflier d'Allemagne (mespilus germanica), originaire du sud de l'Europe, produit de splendides fleurs blanches à cinq pétales et un fruit de couleur brune, comestible lorsqu'il est très mûr.

Après la visite des jardins, il est recommandé de se rendre à Wells - la plus petite ville d'Angleterre mais peut-être la plus captivante. L'atmosphère très caractéristique des rues pavées vaut le détour. La vieille place du marché grouille d'activité les mercredis et samedis. La cathédrale, du XIIème siècle, est un exemple de l'architecture gothique à son apogée. La ville propose un large éventail d'activités à ses visiteurs en plus de ses boutiques raffinées et de ses jolis salons de thé.