|
|
|
|||||||||||||||
La Roche JaguLe jardinDu haut de ses remparts, la Roche Jagu surplombe les rives de la rivière Le Trieux. Elle est le dernier vestige d'une ligne de places fortifiées construites entre Pontrieux et Bréhat. Au pied du promontoire sur lequel se trouve la Roche Jagu, la rivière a déjà un goût salé et conflue avec Le Leff pour former une grande rivière coulant vers la mer. Nicole Chouteau, une historienne renommée de la région du Trégor, a écrit à propos de cette rivière "… qui descend de la région d'Avaugour et dont l'estuaire, parsemé de merveilles, s'étend entre le Trégor et le Goëlo et forme un lien entre les deux, d'où son nom ('treu' ou 'trez') signifiant ‘passage’.”
La Roche Jagu a été probablement témoin de la Bataille de 936 sur la rive opposée dans les marais de Plourivo, au cours de laquelle Alain Barbe Torte battit les Normands, mettant ainsi fin à un siècle d'invasions. Bien qu'il n'existe pas de preuves écrites, on peut certainement supposer qu'il y avait une forteresse en bois non loin du point où la structure que nous connaissons aujourd'hui a été construite 500 ans plus tard. Néanmoins, la Roche Jagu a beaucoup souffert des attaques et pillages. La construction originale datant du XIe siècle a été démolie par les alliés d'Olivier de Clisson en 1394. Elle fut reconstruite en 1405 par Catherine de Troguindy "à condition que le Duc ait toujours le droit d'entrer, sans que la susdite Catherine ne lui fasse obstruction”. Le bâtiment que nous voyons aujourd'hui est beaucoup plus dans le même esprit que son prédécesseur qui était fortement à caractère résidentiel, tout en conservant les fortifications imposantes, en particulier sur la façade nord-est dominant le Trieux. Le chemin de ronde et les tours d'observations ont un aspect défiant contre les éventuels assaillants, alors que la façade côté cour présente une ornementation stylistique avec ses grandes fenêtres et la décoration de style Gothique. Les terres appartenant aux Seigneurs de la Roche Jagu furent l'objet de beaucoup de changements entre le XIIIe et le XVe siècle. La Roche Jagu cessa d'être habitée après la mort de Louis d'Acigné, ce qui explique pourquoi les intérieurs des quartiers d'habitation aient aujourd'hui encore des éléments architecturaux datant du XVe et XVIe siècle. Au fil des temps, le château servit de garnison ou de ferme jusqu'en 1958, lorsqu'il fut légué au Conseil Général des Côtes d'Armor. Plus personne n'habite dans le Château et il est utilisé exclusivement pour des spectacles artistiques et des expositions, mettant très souvent l'accent sur la nature magnifique et le patrimoine culturel des Côtes d'Armor.
De 1958 à 1968, le Conseil Général des Côtes du Nord entreprit des amples travaux de rénovation sous la conduite de Jean Sonnier, architecte en chef des monuments historiques. En 1987, après l'expérience traumatisante de l'ouragan qui dévasta la plus grande partie des surfaces boisées, le Département décida d'aménager un grand parc. C'est ainsi que naquit le parc de 40 hectares de la Roche Jagu. L'architecte paysagiste Bertrand Paulet créa une conception moderne de paysage inspirée de l'époque médiévale. Ce projet a été financé par le Conseil Général des Côtes d'Armor, la Région Bretagne et l'État. Les travaux prévus comme projet en plusieurs phases s'étendant sur une décade débutèrent en 1993 et le parc fut ouvert en 1998.
L'eau est l'élément omniprésent, elle dévale les pentes, jaillit d'un mur, nourrit les bassins, serpente jusqu'à la rivière située en contrebas. A proximité de l'entrée du domaine, les plantes comestibles et plantes médicinales poussent dans des petits jardins clos, entourés de treillis de saules et de châtaigniers. Dans le "Jardin des Moissons", des espèces anciennes tels le blé noir, le lin et le chanvre ont été plantées côte à côte aux "mauvaises herbes" : bleuets, camomilles, coquelicots etc. Ensuite, on arrive à la Palmeraie contenant un grand nombre d'espèces exotiques. Palmiers, agaves, camphriers et beaucoup d'autres éléments de jardin se mêlent à la nature pour former un vaste jardin merveilleux. Dans les "Jardins des Voyages", abrités dans le fond d'une ancienne carrière, les plantes sont des souvenirs rapportés par les croisés de retour de la Terre Sainte et des marins bretons qui ont toujours été de grands voyageurs. Promenez-vous tranquillement le long des cours d'eau, suivez le Chemin d'Orient et cherchez le Rocher Argenté. Franchissez le Jardin Médicinal et traversez la Forêt des Camélias avec presque 200 espèces et variétés, continuez le long des pergolas couvertes de chèvrefeuille, de vigne et de glycines et descendez le Chemin des Sources. Le Parc de la Roche Jagu donne aux promeneurs l'impression d'être dans le monde imaginaire des anciens contes bretons et des légendes du Roi Arthur. Le tout est contrasté par les jardins éphémères qui sont refaits tous les deux ans par les étudiants en paysagisme dans le cadre d'un concours. En 2005, le Parc a reçu le label convié "Jardin Remarquable" par le ministre français de la Culture et de la Communication et a fait l'objet d'un article dans le magazine "Gardens Illustrated" en mai 2005.
|
|
|